Le portrait amoureux de Camille
Ton histoire, et ce qui s’y rejoue
Il y a toujours ce moment, Camille, où tu tiens ton téléphone un peu trop fort. Le message est parti depuis quatre heures. Tu l’as relu six fois, tu as vérifié qu’il était bien envoyé, tu as regardé s’il était en ligne. Il l’était. Avec Thomas, c’était le dimanche soir. Avec Julien, avant lui, c’était le matin, quand il oubliait de te dire bonjour. Les prénoms changent. Ce moment-là, lui, ne change pas.
« Je suis trop dans l’attente », tu as écrit. C’est vrai. Mais ce n’est pas toute l’histoire.
Ce que tu racontes, au fond, c’est toujours la même scène en trois actes. Au début, quelqu’un te choisit avec éclat, et tu te sens enfin vue. Ensuite, sa présence devient irrégulière, et c’est toi qui portes le lien : tu relances, tu proposes, tu excuses. À la fin, tu pars épuisée, ou c’est l’autre qui s’éloigne, et tu te demandes ce que tu aurais dû faire de plus. Ce schéma n’a rien d’un défaut chez toi. Il dit surtout une chose : tu as appris très tôt que l’amour se mérite, et qu’il faut le surveiller pour ne pas le perdre.







